jeudi 15 février 2018

Alimentation des chevaux : foin et concentrés


On en fait tout un foin car c’est LA base de l’alimentation de votre cheval !

Le cheval est un herbivore. Au pré, il passe plus de 12 heures par jour à ingérer de l’herbe, c’est à dire environ 50 kg par jour. Cet apport alimentaire est parfait car il suffit à couvrir la totalité des besoins de votre animal.


Malheureusement, au box, et parfois même au pré, l’herbe n’est pas disponible, ou pas en quantité suffisante. La distribution de foin (herbe coupée et séchée à la belle saison), à volonté, permet de compléter pour fournir ce qu’il faut.

Pour un cheval moyen, la quantité minimale à fournir est de 8 kg par jour. Lorsqu’il est donné à volonté, le cheval à tendance à en absorber environ 10-12 kg / jour.


Le foin est la base de son alimentation : il garantit l’absence de troubles digestifs, par le volume qu’il représente, la durée d’ingestion, les besoins couverts, et l’assurance d’avoir un transit régulier grâce à l’apport suffisant de cellulose.

Les compléments, ou « concentrés » : bien utiles lorsque des apports caloriques supplémentaires sont nécessaires !

Lorsqu’un cheval doit assurer une activité de travail ou de sport, les calories, c’est à dire l’énergie fournie par le foin ne suffit plus. Le cheval peut maigrir en puisant dans ses réserves pour compenser, on dit alors qu’il « perd de l’état ». Pour l’éviter, Il faut apporter des calories supplémentaires. Il est alors préférable d’agir en apportant rapidement de l’énergie sous une forme concentrée, c’est-à-dire un important apport calorique dans un faible volume d’aliment.

Les concentrés les plus utilisés pour les chevaux sont les céréales :
et en premier lieu : l’orge, l’avoine, et le maïs.


Ces trois céréales apportent une quantité de calorie importante, dans un faible volume. Elles vont permettre au cheval de fournir une dépense énergétique supérieure à ce qu’il aurait pu faire en étant nourri seulement avec du foin.

L’avoine est un grain tendre, que le cheval va pouvoir rapidement mastiquer, mais l’orge et le maïs sont des grains beaucoup plus durs. Il est de coutume de ne pas les distribuer tels quels pour faciliter leur digestion notamment, en leur faisant subir un traitement préalable : soit un concassage (broyage en morceaux plus petits), soit précuits par un floconnage (précuits à la vapeur).

Pourquoi ne pas utiliser le blé ?
Le choix du blé est déconseillé, alors que c’est une bonne source d’énergie :
  • car il est très riche en gluten et des boules de pâte (ou pâtons) peuvent se former et boucher le tube digestif (occlusion)
  • car il est très riche en Amidon (60 % environ) donc très digestible mais aussi très fermentescible : l’augmentation de la production de gaz et d’acides peut générer des douleurs, faire apparaître ou aggraver des ulcères. La production importante d’insuline qui en résulte peut se traduire par des effets importants sur le comportement (nervosité) ou sur la croissance (ostéo-articulaire)

Les autres sources d’énergie :
D’autres sources d’énergie sont parfois choisies, en particulier des huiles ou des corps gras, très facilement utilisables chez les chevaux lorsqu’elles ne dépassent pas 8 % des concentrés. 

Les pulpes, la mélasse sont également des choix possibles

Donc finalement, quelle ration donner à mon cheval ???
  • Le choix « traditionnel » : L’habitude est d’associer l’Orge et l’Avoine ou l’Orge et le Maïs, assemblés par la personne responsable des repas dans l’écurie, auxquels on ajoute un peu d’huile.
  • Le choix « industriel » : C’est la version sans préparation, donc sans effort, car le mélange déjà fait !  Les nombreux ingrédients se présentent sous deux formes : des granulés (il est alors impossible de distinguer les ingrédients du mélange), ou des « floconnés » (on peut distinguer les grains des céréales utilisées).
Aspect d’un aliment industriel floconné.

En conclusion : du foin à volonté, des concentrés distribués à raison de quelques litres par jour le tout réparti en 2 ou 3 repas (à heures fixes de préférence) c’est l’idéal des chevaux au box.


Lors d’un prochain billet nous aborderons les apports nécessaires en minéraux et vitamines.


Dr Aude Lhérété spécialiste Chevaux pour le groupe La Compagnie des Animaux

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